XVIIIème siècle – création du canal de navigation de Pont-de-Vaux

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Avant la Révolution de 1789, Pont-de-Vaux était un centre important avec ses halles et ses foires. Ce bourg industriel travaillait le bois, le cuir, le fer, le chanvre. La ville avait un aspect urbain et possédait un hôpital, une église, un collège, un pensionnat de jeunes filles, une halle aux grains, un pavillon de la Compagnie des Chevaliers de l’Arquebuse.

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Louis Auguste Bertin de Blagny

Louis Auguste Bertin de Blagny, Conseiller d’État, Trésorier Général des revenus casuels et Intendant des deniers des Ordres du Roi depuis 1758,  fit donc un bon placement en se rendant acquéreur du Duché de Pont-de-Vaux en 1772. Parisien d’origine, cultivé et épris de progrès, il fut le principal promoteur du canal.

En effet, les voies de communication de l’époque n’étaient pas adaptées aux conditions nouvelles de l’activité commerciale. La 1ère route entre Mâcon et Pont de Vaux date de 1753. Elle était difficilement praticable par mauvais temps – quant aux marchandises, elles empruntaient pour la plupart le cours de la Reyssouze, mais les larges méandres et les variations du niveau de l’eau selon les saisons limitaient le trafic.

C’est pourquoi Pont-de-Vaux offrit des terres communales à son seigneur pour creuser un canal en utilisant une partie de la Reyssouze. L’autorisation du Roi est accordée en 1782, le canal devant être entièrement creusé aux frais de Bertin. Il met ainsi dans les travaux tous les maigres droits seigneuriaux qu’il tire de son fief. Les habitants acceptent de lui avancer 24 000 livres sur 12 ans et de s’acquitter des droits de navigation.

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Image historiques du canal de Pont-de-Vaux après sa construction

La conception et la réalisation sont alors confiées à l’Ingénieur Léonard Racle. Les travaux débutent en 1783. Ils mettent à jour des argiles tourbeuses et lignifères et des troncs de peupliers et de chênes relativement bien conservés. Les déblais sont utilisés pour réaliser deux chaussées parallèles et surélevées. La chaussée rive nord (ou droite) reçoit un empierrement qui la rend carrossable et payante. la chaussée sud (ou rive gauche) est une promenade réservée aux gens à pied ou à cheval et reste gratuite.

En 1789 le canal est pratiquement creusé sur toute sa longueur soit 3445 mètres, l’écluse de Saône est réalisée. Mais la Révolution stoppe rapidement les travaux. Les habitants de Pont-de-Vaux refusent de payer ce qu’ils doivent. Il faut dire que, depuis le 4 août 1789, les privilèges sont abolis et Bertin n’est plus le seigneur du pays. Le canal s’avère être un désastre financier. Bertin meurt trois ans plus tard et son frère renonce à prendre la suite.

Les travaux ne reprendront qu’en 1810 et le canal sera mis en service en 1843 après son rachat par l’Etat. Chalands de gravier et de sable de Saône, de bois, de charbon , de céréales ont alors constitué pendant quelques décennies un tonnage de moyenne importance. Mais un grand inconvénient apparait à l’usage : le canal débouche du mauvais côté, rive gauche de la Saône, alors que le chemin de halage est en rive droite. Sont localisés également en rive droite les autres ports de chargements, le grand chemin de Lyon ainsi que le chemin de fer. Les bateaux doivent donc traverser la Saône à la perche, s’aider d’un câble tendu (ce qui peut être périlleux notamment au printemps), ou demander l’assistance d’un remorqueur.

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L’ingénieur Léonard Racle envisageait à son époque de prolonger le canal parallèlement à la Reyssouze jusqu’à Bourg-en-Bresse et relier ensuite la rivière d’Ain ; projets qui n’aboutirent jamais.
A la fin du XIXème siècle, le canal sera concurrencé par le train à vapeur  utilisant la chaussée sud pour aller de Pont-de-Vaux à Fleurville.
Radié en 1956, ce canal sera réhabilité en 1994 et remis en service. Il permet aujourd’hui de relier le port de plaisance de Pont-de-Vaux à la Saône. Le canton développe alors le tourisme fluvial, atout économique. Le Service de Navigation de la Saône (subdivision de Mâcon)  est la structure administrative de rattachement de ce petit canal.

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Mais l’activité de plaisance n’est pas sans poser de problème à la rivière naturelle parallèle au canal notamment en période d’étiage. Cela est amplifié avec le récent agrandissement du port qui a doublé ses capacités d’accueil et qui induit donc un nombre d’éclusées plus important. Afin de réduire le problème, les mesures compensatoires relatives à ce projet doivent toujours être mises en place.