Dynamique de la rivière

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Toute rivière, de sa source à son embouchure, est un ensemble fonctionnel. Il est constitué d’une mosaïque de milieux très différente qui permet la vie d’espèces animales et végétales très variées.

Une rivière cherche toujours à atteindre un équilibre. Ceci va conditionner la quantité de matériaux érodés, transportés ou sédimentés.

 Zonage longitudinale

La forme et l’évolution d’une rivière dépend du cycle érosion – transport – sédimentation. L’érosion dans les bassins versants est essentiellement due au ruissellement.

Zonation longitudinale

L’eau a une double action :

  1. chimique : elle peut dissoudre certains éléments des roches ou des sols.
  2. mécanique: la rivière peut arracher des éléments au sol.

 

En amont, la pente de la rivière est forte. Le courant est donc important. La rivière érode et entraîne sables, graviers et cailloux. La rivière est étroite, et peut être complètement cachée par les arbres. L’eau est généralement fraîche et bien oxygénée. Cette partie est appelée cours supérieur.

 

Plus en aval, la pente diminue, la rivière s’élargit. Les processus de sédimentation commencent. Le fond est constitué de galets et graviers. C’est la zone de transport ou cours moyen de la rivière. La température de l’eau augmente.

 

Vers l’embouchure, dans la plaine, la pente est de plus en plus faible. La rivière s’élargit et le courant diminue. Le fond est alors plus ou moins vaseux. Les méandres sont nombreux. Dans les eaux plus chaudes, la végétation est développée. C’est le cours inférieur ou zone de stockage.

Localement, la rivière recherche un équilibre. L’hétérogénéité de la rivière s’exprime par des alternances de radiers ou seuils (faible hauteur d’eau, vitesse de courant importante, érosion dominante) et de mouilles (hauteur d’eau importante, vitesse de courant faible, sédimentation dominante).

Radier mouille

Les méandres, quant à eux, régulent la force de la rivière. Le cours d’eau érode la rive concave et perd de l’énergie. Les matériaux érodés sont déposés sur la rive convexe du méandre suivant.

Rive concaves convexes

Toute modification du profil de la rivière (coupure de méandre, rupture de seuil) entraîne la recherche d’un nouvel équilibre et peut créer une reprise d’érosion de l’aval vers l’amont. C’est ce que l’on appelle l’érosion régressive. Un recalibrage provoque quant à lui, une reprise de méandrement et des dépôts (atterrissements) dans le lit du cours d’eau.

 Zonage latérale

Une rivière n’est pas un élément isolé. Elle est étroitement associée avec des milieux humides riverains, appelés annexes fluviales, le tout intégré au sein d’une plaine alluviale. Le tout forme ce qu’on appelle un hydrosystème.

Les annexes sont des bras morts, des bras secondaires, des plans d’eau, des zones humides, plus ou moins temporaires en fonction des niveaux d’eau de la nappe phréatique. La pluviométrie est un facteur de variation des niveaux d’eau. Sur le bassin versant de la Reyssouze, les périodes d’étiages sont généralement perçues lors de la saison estivale.

Coupe transversale etiage
coupe transversale moyennes eaux

En période de crues ces annexes sont submergées, ce sont des bassins écrêteurs de crues naturels. Ils jouent un rôle essentiel pour réduire les risques d’inondations. Chacune de ces annexes a, en outre, une fonction particulière et participe au maintien de l’équilibre de l’ensemble (soutien en eau en période d’étiage, rôle épurateur de l’eau, zone riche en biodiversité).

Les marais et les zones humides laissent l’eau s’infiltrer et recharger les nappes phréatiques. Les gouttes d’eau pénètrent dans le sol et le long des racines des arbres qui récupéreront les éléments nutritifs nécessaires à leur développement. Les forêts alluviales produisent de la matière organique pour la rivière. Elles filtrent les eaux de surfaces qui arrivent à la rivière. Leurs systèmes racinaires permettent de stabiliser le sol et diminuent le risque d’érosion.

Les bras morts, les bras secondaires sont des réservoirs biologiques et des zones de frayères pour certaines espèces de poissons, d’oiseaux, d’insectes… Ils sont essentiels pour le maintien des cycles biologiques liés à la rivière. Les annexes sont des milieux particulièrement riches du point de vue faunistique et floristique. Ce sont les lieux de reproduction et d’alimentation de nombreuses espèces de mammifères, d’oiseaux, de poissons, d’amphibiens et d’insectes.

 

coupe transversale hautes eaux

La ripisylve, la forêt alluviale, les annexes fluviales et la plaine (lorsqu’elles n’ont pas été détruites) ont donc des rôles fondamentaux dans le fonctionnement de l’écosystème rivière.

 

 Zonage piscicole

En Europe occidentale, pour les rivières non côtières, on distingue 4 zones piscicoles étroitement liées aux paramètres physiques de la rivière (pente et profondeur de la rivière, température et oxygène dissous,..).

Au sein d’une même zone piscicole, pour les rivières suffisamment large, on distingue aussi un gradient transversale (du bord de la rivière à son milieu) pour la répartition des espèces de poissons. Ce gradient existe car la rivière présente des milieux différents d’un bord à l’autre et présente aussi une zonation transversale.

zonations piscicoles

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