Un cours d’eau et des moulins

Une rivière aménagée depuis le Moyen-Age

Depuis le XIIe siècle au moins, la Reyssouze est façonnée par l’homme. 37 moulins accompagnent le cours de la rivière. Pour les alimenter, nos ancêtres ont bien souvent déplacé le cours de la Reyssouze sur les flancs de la vallée. L’ancienne Reyssouze est communément appelée « La morte » ou « La vieille Reyssouze ». En fond de vallée, ils ont laissé des prairies humides, parfois encore en eau.

La rivière a ainsi un profil en escalier qui gêne la circulation des espèces aquatiques et des sédiments. Ces moulins font partie de notre patrimoine et de notre paysage. De plus, ils peuvent être convertis en de petites centrales hydro-électriques pour fournir de l’énergie renouvelable.

L’enjeu. Rétablir la continuité écologique tout en préservant les usages.

Profil en escalier sur la moyenne Reyssouze

 La navigation

Création du canal de Pont-de-Vaux

Avant la Révolution de 1789, Pont-de-Vaux était un centre important avec ses halles et ses foires. Ce bourg industriel travaillait le bois, le cuir, le fer et le chanvre. Les voies de communication de l’époque n’étaient pas adaptées aux conditions nouvelles de l’activité commerciale.

La 1ère route entre Mâcon et Pont de Vaux date de 1753. Elle était difficilement praticable par mauvais temps. Quant aux marchandises, elles empruntaient pour la plupart le cours de la Reyssouze, mais les larges méandres et les variations du niveau de l’eau selon les saisons limitaient le trafic.

C’est pourquoi, Pont-de-Vaux offrit des terres communales à son seigneur pour creuser un canal de navigation. L’autorisation du Roi est accordée en 1782, le canal devant être entièrement creusé aux frais de Louis Auguste Bertin de Blagny (Conseiller d’État, Trésorier Général des revenus casuels et Intendant des deniers des Ordres du Roi depuis 1758).

En 1789 le canal est pratiquement creusé sur toute sa longueur soit 3445 mètres, l’écluse de Saône est réalisée. Mais la Révolution stoppe rapidement les travaux. Ils ne reprendront qu’en 1810 et le canal sera mis en service en 1843 après son rachat par l’État.

  • Ecluse pont de fleurville
  • Image historique écluse pont de Fleurville
  • Illustration pont de Fleurville

 Accroissement de la population

Une urbanisation grandissante

La Reyssouze est une rivière paisible. Son lit est naturellement peu profond et peu encaissé. À l’origine, ses débordements sont donc fréquents, lents et modérés. Cependant, la fin du XXe siècle a changé la donne. En plus du remembrement agricole, les travaux de curage ont accéléré son débit et l’urbanisation a imperméabilisé les sols.

Routes, parkings, lotissements… : sur les sols urbains, l’eau ne s’infiltre pas, elle ruisselle. En cas de crue, l’eau s’étale moins, se concentre et aggrave le risque d’inondation. Or, depuis 1970, les prairies et forêts du bassin de la Reyssouze ont cédé 3 950 hectares à ces surfaces imperméabilisées.

De plus, la densité des populations concentre les rejets de polluants industriels et domestiques. Certaines stations d’épuration anciennes ne jouent plus leur rôle.

Les enjeux.

  • Améliorer l’assainissement collectif pour mieux évacuer et traiter les eaux usées
  • Accompagner les communes dans l’aménagement de leur territoire

Bourg-en-Bresse en 2016

 Développement de l’agriculture

Evolution des pratiques agricoles

La deuxième moitié du XXe siècle a vu la mise en œuvre des premiers travaux de drainage de terres jusque-là incultivables. On a remembré, c’est-à-dire qu’on a réuni de petites parcelles pour en faire de plus grandes. Au passage, on a supprimé de nombreuses haies bocagères qui abritaient la biodiversité et aidaient l’eau à s’infiltrer dans le sol.

L’enjeu. Accompagner les agriculteurs dans des démarches alliant préservation de notre environnement et rentabilité agricole.

Pâture aux abords du Salençon