Par définition, l’eutrophisation est un phénomène qui se manifeste par la prolifération d’un nombre limité d’espèces végétales dans des eaux trop chargées en nutiments (Azote, Phosphore, oligoéléments) ou dans des cours d’eau très dégradés physiquement. C’est en quelque sorte une pollution nutritionnelle.

Des travaux d’aménagements mal conçus ou une dénaturalisation des berges peuvent être à l’origine de ce genre de phénomène.

Les conditions de développement

Outre une richesse en nitrates, phosphates et nutriments certains facteurs physiques favorisent l’eutrophisation :

  • Température élevée : les végétaux aquatiques proliférent particulièrement entre 15 et 25° C
  • Eclairement fort : les espèces végétales aquatiques recherchent les fortes insolations pour leur photosynthèse.
  • Courant faible : si le courant est faible les végétaux s’implantent facilement. Par ailleurs, plus le courant est faible moins le milieu se renouvelle ce qui favorise le développement du phytoplancton.
  • Amplitude de variations de la ligne d’eau faible : un fort débit provoque des remaniements du fond du cours d’eau et l’arrachement des végétaux.
  • Homogénéisation des conditions d’habitats des cours d’eau : une espèce prolifère d’autant plus facilement qu’elle rencontre un habitat favorable sur des grandes distances. Un habitat diversifié limite donc ces proliférations

eutrophisation

Conséquences

  • Asphyxie du milieu

Le jour, les végétaux produisent beaucoup d’oxygène par photosynthèse et en consomment peu par respiration.
La nuit, seule la respiration continue. Si la quantité de végétaux dans le cours d’eau est très importante, au petit matin, tout l’oxygène de l’eau peut avoir été consommé. Les poissons et certains insectes aquatiques peuvent alors mourir par asphyxie.

  • Apparition de composés toxiques

Le pH, lié à la photosynthèse a des valeurs fortes dans la journée. Si en plus les températures sont élevées et les teneurs en ammoniaque (NH4) sont fortes, il apparaît de l’ammoniac gazeux (NH3) très toxiques pour les poissons.

  • Destruction d’habitats

Les végétaux colmatent les fonds des cours d’eau détruisant les milieux de vie des invertébrés et les zones de frai des poissons

  •  Pollution organique différée

A leur mort, les végétaux dérivent et entrent en putréfaction, constituant ainsi une pollution organique vers l’aval.

  • Gène aux activités de loisirs, nuisances esthétiques et odorantes.

La lutte contre l’eutrophisation de la Reyssouze est un enjeu majeur. la Reyssouze est d’ailleurs classée rivière prioritaire vis à vis de l’eutrophisation.

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