La Reyssouze est connue au Xe siècle sous divers noms comme Fluvio Resosia ou Resciosa. Selon le linguiste Gérard Taverdet, elle évoque le mot roman riscia, utilisé en Bresse pour désigner certains talus : la Reyssouze serait une rivière bordée de talus.

La Reyssouze prend sa source à Journans, au pied du Revermont. Elle traverse ensuite Bourg-en-Bresse, puis s’écoule sur un pays de plateaux vallonnés peu accidentés au fond d’une large vallée à fond plat jusqu’à Pont-de-Vaux. Avec ses 75 kilomètres, elle est la plus longue rivière du département de l’Ain. Si l’on compte ses affluents, ce sont près de 230 km de cours d’eau qui constituent le bassin de la Reyssouze.

 

Avant de se jeter dans la Saône, à son arrivée à Pont-de-Vaux, la Reyssouze est doublée par un canal creusé au XVIIIe siècle.

 

Du piémont du Revermont aux prairies alluviales de la Basse-Reyssouze, ce ne sont pas moins de 14 zones d’intérêt écologique qui sont répertoriées sur son territoire.

 

Or, par endroits, la rivière manque d’oxygène et se réchauffe : on dit qu’elle s’eutrophise.

 

L’enjeu. Préserver ces milieux indispensables à l’homme. Ainsi, ils contribuent à laisser vivre la biodiversité et à maintenir la qualité de l’eau du bassin versant.

 


Plus de 300 exploitations agricoles en polyculture-élevage structurent les paysages du bassin versant.

 

La deuxième moitié du XXe siècle a vu la mise en œuvre des premiers travaux de drainage de terres jusque-là incultivables. On a remembré, c’est-à-dire qu’on a réuni de petites parcelles pour en faire de plus grandes. Au passage, on a supprimé de nombreuses haies bocagères qui abritaient la biodiversité et aidaient l’eau à s’infiltrer dans le sol.

 

L’enjeu. Accompagner les agriculteurs dans des démarches alliant préservation de notre environnement et rentabilité agricole.

 


Depuis le XIIe siècle au moins, la Reyssouze est façonnée par l’homme.
37 moulins accompagnent le cours de la rivière. Pour les alimenter, nos ancêtres ont construit des retenues d’eau et déplacé le cours de la Reyssouze sur les flancs de la vallée. En fond de vallée, ils ont laissé des prairies humides, parfois encore en eau, appelées « La morte » ou « La vieille Reyssouze ». La rivière a ainsi un profil en escalier qui gêne la circulation des espèces aquatiques et des sédiments.

 

Pourtant, ces moulins font partie de notre patrimoine et de notre paysage. De plus, ils peuvent être convertis en de petites centrales hydro-électriques pour fournir de l’énergie renouvelable.

 

L’enjeu. Rétablir la continuité écologique tout en préservant les usages.

 

La Reyssouze est une rivière paisible. Son lit est naturellement peu profond et peu encaissé. À l’origine, ses débordements sont donc fréquents, lents et modérés.

 

Cependant, la fin du XXe siècle a changé la donne. En plus du remembrement agricole, les travaux de curage ont accéléré son débit et l’urbanisation a imperméabilisé les sols.

 

Routes, parkings, lotissements… : sur les sols urbains, l’eau ne s’infiltre pas, elle ruisselle. En cas de crue, l’eau s’étale moins, se concentre et aggrave le risque d’inondation. Or, depuis 1970, les prairies et forêts du bassin de la Reyssouze ont cédé 3 950 hectares à ces surfaces imperméabilisées.

 

De plus, la densité des populations concentre les rejets de polluants industriels et domestiques. Certaines stations d’épuration anciennes ne jouent plus leur rôle.

 

L’enjeu. Améliorer l’assainissement collectif pour mieux évacuer et traiter les eaux usées.