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Deuxième moitié du XXème siècle : curage des cours d’eau

Entre 1956 et 1962 puis entre 1981 et 1989, la Reyssouze a été curée, élargie et son tracé a été rectifié pour limiter les inondations. Le deuxième curage de la Reyssouze fut également motivé par des raisons sanitaires puisque les boues de la Reyssouze étaient, à cette époque, fortement contaminées par des polluants domestiques et impactées de manière significative, la qualité des eaux à chaque crue (mortalité piscicole, pourrissement du foin). Ce procédé fût également largement utilisé sur plusieurs cours d’eau du bassin versant (bief de Rollin, bief d’Ouche, bief d’Enfer, bief d’Augiors, Reyssouzet, Gravière, Leschère). Les méandres rapprochés ont été supprimés et les coudes arrondis. Les produits de curage et de terrassements ont d’abord été déposés sur les berges, créant ainsi des merlons le long des cours d’eau. Dans les années 80, ils ont été, lorsque le terrain le permettait, étalés sur une dizaine de mètres, constituant ainsi des talus en pente douce côté terre.

Ces mesures ont permis d’augmenter la capacité de la rivière avant débordement et d’évacuer les eaux vers l’aval plus rapidement. Elles ont donc limité les inondations localement, sans pour autant résoudre le problème puisque cette opération a eu des effets néfastes sur l’aval. En effet, du fait de la chenalisation, le laminage du pic de crue se réduit (les pic de crues sont donc plus forts) et les crues se propagent plus vite vers l’aval, rendant plus difficile l’évacuation des zones inondables. Ces mesures ont également réduit la capacité auto-épurative des rivières et détruit les habitats de certaines espèces, engendrant leur disparition.

curage reyssouze 1956

La disparition de la ripisylve

L’écosystème Reyssouze montre des signes de dysfonctionnement : pollution élevée, crues fréquentes, faune peu diversifiée, … Ceci est essentiellement dû aux modifications et dégradations subies par cet écosystème . Une des causes principales est la disparition de la ripisylve due aux différents aménagements humains (curage de la rivière,…).
La suppression de la ripisylve entraine une augmentation de la température de l’eau et de son ensoleillement. Les produits phytosanitaires et les nutriments (nitrates, phosphates) qui sont véhiculés par les eaux souterraines, de la plaine vers la rivière, ne sont plus fixés par le réseau racinaire des végétaux. Ceci favorise alors l’eutrophisation et l’érosion de la rivière.
La suppression des haies et de la ripisylve amplifie et accélère par ailleurs les crues.

absence de ripisylve